"Je suis Celui qui suis. Je suis ce que Je suis. Je suis." Ces phrases rappellent la rencontre de Moïse avec le Buisson Ardent où l'Éternel révèle son identité, c'est-à-dire son nom véritable. On pourrait envisager que le Chevalier de Royal Arch, créé à l'image du Principe, est son reflet ou tout au moins qu'il doit, par une gestion de son libre arbitre, devenir son reflet, à l'image du premier Adam. À ce stade, deux options se présentent : soit il s'agit d'un Maître Maçon croyant, et il ne peut proférer un blasphème en disant "Je suis Celui qui suis" ; soit il s'agit s'agit d'un Maître Maçon étranger à toute notion de transcendance, et alors il tombe dans le piège de l'hypertrophie de l'ego, à l'inverse d'un cheminement initiatique bien compris. Pour ma part, j'y vois plutôt un constat lucide du Maître Maçon sur son parcours initiatique, constat teinté d'humilité et tempéré par la dernière affirmation "Je suis" que je traduirai par "J'existe cependant", car "mon nom est Guibulum". Le nom ou le fait de se nommer fait exister un être. Ainsi, le nom apparaît comme étant la dimension essentielle de la personne, car elle lui donne une identité parmi tout ce qui est manifesté.
De fait, à cet instant précis, le Chevalier de Royal Arch s'illumine de sa lumière divine. Il devra méditer sur le Verbe, instrument de connaissance mais aussi de puissance, tout à la fois créateur et destructeur, comme les vieilles croyances de nombreux peuples de la Terre en témoignent.