"Les cithares évoquent les récompenses de la voie dure et étroite qui conduit à la vie ; les orgues, la multiplicité des vertus qui se révèlent dans le cœur de ceux dont la louange s'élève vers Dieu. Le concert de ces instruments résonne comme un doux tonnerre (...). Ceux qui exercent leur ministère d'enseignement résonnent des flûtes de la sainteté, faisant pénétrer le chant de la justice dans le cœur de l'homme par la voix de leur raison. La Parole s'exprime à travers eux et résonne, elle est perçue et se répand aussi loin qu'elle est audible."
Hildegard von Bingen, bénédictine qui pratique la liturgie des heures canoniales, évoque ainsi "l'âme symphonique" dans Symphonie des harmonies célestes : "L'âme est musique par essence (...). Les sons de la cithare sont graves pour inciter à l'ascèse corporelle ; les sons de la harpe sont aigus pour nous inciter à élever notre esprit."
Le thème des anges musiciens a enrichi toute l'iconographie chrétienne. C'est d'ailleurs entre 1151 et 1158 que Hildegard écrit et compile ses compositions musicales destinées à être chantées par les sœurs du couvent lors de cérémonies liturgiques ou autres. D'inspiration divine, ces pages indiquent que la musique est, pour elle, la forme la plus élevée de toute activité humaine. Miroir des harmonies des sphères célestes et des chœurs angéliques, c'est par la musique que l'homme retourne à sa condition originelle paradisiaque.