Huitième vision. Au sud de la grande cité carrée, la Jérusalem céleste, se tiennent, sur la "Fontaine de Vie", les allégories des trois vertus divines montrant le chemin du salut. Elles sortent d'une fontaine d'eau vive qui ruisselle sur l'Église et l'arrose en permanence, grâce aux vertus des saints qui les observent.
L'Humilité, toute blancheur, est au centre ; l'Amour, d'un éclat pourpre, est comme sa jumelle ; ils sont enracinés dans la "Fontaine de Vie". La Paix, vêtue de blanc et dont la face resplendit, se tient sur la margelle et doit se ressourcer auprès d'Amour et d'Humilité. Les trois jeunes femmes tournent leur visage vers le nuage où apparaissent les ordres bienheureux des saints.
La vertu théologale de l'Amour ou Charité, parle en premier en un discours fictif prononcé à la première personne : "Je suis l'Amour, clarté du Dieu vivant. Je fus au côté de la Sagesse quand elle accomplit son œuvre. L'Humilité qui plonge ses racines dans la Fontaine de Vie m'a assistée et la Paix l'accompagne."
Hildegard von Bingen considère l'humilité comme la "reine des vertus" car, librement acceptée, elle donne toute sa dignité à l'être humain : "Par l'humilité victorieuse... nous prenons visage d'homme, nous nous détachons de l'existence bestiale pour vivre conformément à la dignité de notre nature... alors, nous rayonnons de l'éclat le plus clair."
Amour, Humilité et Paix sont les trois vertus fondamentales qui donnent vie à la cité céleste et permettent de la bâtir, dès à présent, entre les hommes et dans le cœur de chacun.