La troisième vision place l'homme au centre de l'univers, le laissant apparemment livré à lui-même. Cependant la main de Dieu est présente, tout en bas, dans le cercle du "feu lumineux". Elle tend le phylactère à la visionnaire dans sa cellule pour qu'elle transcrive la révélation divine.
Sur l'enluminure, l'accent est mis sur les vents qui, des quatre points cardinaux, soufflent "en direction du monde". Ils sont représentés par des animaux qui agitent l'univers ainsi que nous l'avons vu précédemment. Ils sont à l'image des vents qui agitent aussi le cœur de l'homme car le macrocosme est reflété dans le microcosme humain. C'est pourquoi tous les vents finissent dans une bouche humaine, à droite de l'image.
Dans l'homme, Hildegard appelle ces "vents" : "les humeurs", elles sont reliées aux organes. Nous portons en nous un véritable "zoo intérieur" dont les réactions souvent nous échappent : tantôt bondissant comme un cerf, grondant comme un ours ou hésitant comme un crabe, doux comme un agneau ou rugissant comme un léopard, etc.
Ainsi, l'homme est en correspondance avec l'univers, il en est le reflet, la synthèse.